POSTUROLOGIE ET MOUVEMENTS RÉFLEXES ARCHAÏQUES

Troubles posturaux, maux de ventre ou de tête, douleurs diffuses, sensations vertigineuses, maladresse, mal des transports, énurésie, bruxisme, respiration orale, difficultés cognitives, troubles des apprentissages, déficits de l’attention, … Autant de symptômes pouvant résulter d’une dysproprioception. Mais reprenons depuis le début !

 

La posturologie est une méthode d’étude de la posture, acte moteur automatique et inconscient permettant d’adopter une position érigée, de stabiliser cette position en statique ou en dynamique et d’élaborer la connaissance du soi dans l’espace, par rapport à son environnement. 

 

Le système tonique postural est composé : 

 

  • D’exocapteurs, autrement dit la rétine, l’appareil auditif, le toucher, qui permettent de capter les informations extérieures et de délivrer au cerveau (système nerveux central) des messages nous permettant de nous situer par rapport à notre environnement. 

  • De propriocepteurs captant les informations provenant de l’intérieur du corps et les délivrant au système nerveux central. Ces messages nous permettent de connaître les positions relatives des différentes parties du corps les unes par rapport aux autres. 

  • Des centres supérieurs (cerveau, cervelet…) qui intègrent les informations de tous ces capteurs, élaborant une réponse appropriée aux situations 

  • Et des effecteurs, c’est-à-dire les muscles et leur tonus 

La proprioception est le sens nous donnant la capacité de percevoir son propre corps, sans avoir recours à la vision. Elle renseigne notre cerveau à propos de la position dans l’espace des différentes parties du corps entre elles, de la position du corps dans son environnement, et de comment se mouvoir. La proprioception prend également le rôle de « médiateur » entre nos différents sens. Parfois cependant, ce système dysfonctionne car un ou plusieurs capteurs (sens) ne perçoivent plus la réalité. Ainsi, lorsque des informations données par les différents capteurs sont inadaptées ou contradictoires entre elles, des troubles apparaissent. Une dysproprioception impacte alors le système postural et donc notre santé et notre qualité de vie. 

Quatre grands types de difficultés peuvent être engendrés par un dysfonctionnement du système tonique postural : 

  • Signes musculaires et posturaux : avoir l’impression d’avoir des douleurs un peu partout, tout le temps, souffrir de crampes, de maux de tête, de maux de ventre, de maux de jambesuser anormalement ses chaussures, avoir les pieds valgus/varus, … 

  • Signes visuo-spatiaux : vertiges, se sentir mal à l’aise au milieu d’une foule (anxiété), se cogner, trébucher, chuter de manière inexpliquée, avoir du mal à apprendre à faire du vélo, avoir du mal à se repérer, sembler « perdu » sur sa feuille, sauter des lignes en écrivant ou en lisant, … 

  • Signes cognitifs : troubles attentionnels, troubles des apprentissages, fatigabilitétroubles "dys-"… 

  • Signes oro-bucaux : respirer la bouche ouverte, présenter un défaut articulatoire, avoir un sommeil non-réparateur, bruxisme, ronflements, … 

 

Concrètement lors d’un bilan postural : 

 

La posture est observée afin de comprendre le fonctionnement du système proprioceptif. Ensuite, divers tests cliniques valides sont effectués dans le but de déterminer le/les type(s) de capteurs causant la dysproprioception. Enfin, le lien entre les symptômes observés et les résultats du bilan postural sont expliqués et une prise en charge thérapeutique pluridisciplinaire est proposée. La prise en charge visera à restaurer l’efficacité des capteurs et donc, le système postural/proprioceptif lui même

 

Les capteurs ciblés sont notamment : 

 

  • La sole plantaire

  • Les oculomoteurs, le système visuel 

  • Le système ostéo-articulaire et locomoteur 

  • La langue et les lèvres 

 

Dans certains cas, des perturbations autres que purement proprioceptives seront mises en évidence, comme des difficultés émotionnelles ou encore certains blocages. Ces perturbations peuvent empêcher la bonne réadaptation du système postural. Il conviendra d’agir sur ces blocages avant de poursuivre. Des pistes seront évidemment présentées. 

Il arrive également fréquemment que les difficultés n’aient pas pour origine des capteurs particuliers, mais une mauvaise intégration des mouvements réflexes archaïques. Les réflexes archaïques sont des mouvements automatiques et involontaires, caractéristiques chez les nouveau-nés en réponse à certains stimuli, sans modulation et ayant un bas niveau de différenciation. Leurs intensités varient d'un enfant et d'une situation à l'autre. Prenons pour exemple le réflexe d'agrippement de Robinson. Celui-ci se montre très utile chez le nourrisson afin de découvrir son environnement. Néanmoins ce réflexe doit s'intégrer afin de laisser place aux mouvements contrôlés et volontaires. Dans le cas d'une intégration incomplète du réflexe d'agrippement, il est alors normal de constater des difficultés dans le geste d'écriture par exemple, ainsi que des douleurs. Dans le cas d'une non-intégration de certains réflexes archaïques, des techniques pourront alors être utilisées pour les intégrer.